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Végétarisme et troubles alimentaires : que disent les professionnels de santé ?

  • talbertelli
  • 23 oct. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 nov. 2025

Le végétarisme gagne en popularité, en particulier chez les adolescents et jeunes adultes. Les motivations sont diverses : respect des animaux, préoccupations environnementales, recherche de bien-être ou volonté d’adopter une alimentation plus saine. Mais dans certains cas, l’adoption d’un régime végétarien peut masquer ou accompagner un trouble du comportement alimentaire (TCA), comme l’anorexie ou l’hyperphagie.


C’est ce que met en lumière une étude publiée en 2023 dans la revue Appetite, dont le premier auteur est Tancrède Albertelli, diététicien spécialisé dans les TCA. L’article s’intitule “Vegetarianism and eating disorders: The subjective experience of healthcare professionals”.


Lire la publication complète sur ScienceDirect



Objectifs de l’étude

L’étude visait à comprendre comment les professionnels de santé (diététiciens, médecins, psychologues) perçoivent le lien entre végétarisme et TCA dans leur pratique quotidienne. Il ne s’agissait pas de prouver que le végétarisme conduit à un trouble alimentaire, mais d’analyser la façon dont ce régime peut interagir avec certains profils de patients.


Les observations des professionnels

Les professionnels interrogés ont partagé plusieurs constats :

  • Pour beaucoup de patients, le végétarisme est un choix sincère, sans rapport avec un trouble.

  • Mais pour d’autres, il peut représenter un moyen socialement accepté pour se restreindre ou éviter certains aliments groupes d’aliments.

  • Le contexte (âge, histoire personnelle, discours tenu par le patient) est essentiel pour distinguer un choix de vie d’un comportement pathologique.

  • Les soignants soulignent la zone grise entre “choix alimentaire” et “symptôme d’un TCA”, qui nécessite de rester vigilant.


Implications pour la pratique diététique

Cette étude souligne la nécessité pour les diététiciens de :

  • questionner les motivations profondes derrière le choix végétarien,

  • observer l’évolution du comportement alimentaire au fil du temps,

  • rester attentifs aux signes d’alerte (perte de poids, rigidité alimentaire, anxiété autour de la nourriture),

  • collaborer étroitement avec les psychologues et médecins pour une prise en charge globale.


L’apport de la diététique comportementale

L’approche comportementale prend ici tout son sens. Plutôt que de juger le choix alimentaire, elle cherche à :

  • comprendre la relation du patient à la nourriture,

  • accompagner un équilibre alimentaire compatible avec ses valeurs,

  • prévenir l’installation d’un TCA ou son aggravation,

  • redonner une liberté alimentaire progressive, sans régime imposé.


Une recherche utile pour les soignants et les patients

En donnant la parole aux soignants, l’étude met en évidence les dilemmes rencontrés au quotidien : soutenir le choix végétarien tout en restant vigilant face au risque de TCA. Elle rappelle qu’il n’existe pas de réponse unique : chaque patient doit être accompagné de manière individualisée, bienveillante et pluridisciplinaire.


Conclusion

Le végétarisme n’est pas en soi un trouble alimentaire. Mais dans certains contextes, il peut constituer un signal d’alerte qui mérite d’être pris en compte. Cette étude apporte des pistes concrètes pour les soignants et met en lumière l’importance d’une approche comportementale, centrée sur l’écoute et la compréhension du patient.


 Lire la publication complète sur ScienceDirect



Retrouvez davantage d'informations sur le site internet de l'auteur Tancrède Albertelli, diététicien nutritionniste comportemental : www.dieteticien-comportemental.fr

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